Apparence.

Apparence.
L'Histoire de Julia & Nathys.

C'était tellement évident.




_______
_______Il n'est pas seulement entré chez elle, il s'est permis d'entrer dans son c½ur, de faire ressortir d'anciennes blessures et d'en commettre de nouvelles. Le C½ur est toujours plus fort que la Raison ? Julia savait que non. Seulement, l'Amour qu'elle va ressentir la rendra inconsciente. Inconsciente de ses gestes, de ses paroles, de l'admiration qu'il exerce sur elle... Julia deviendra dépendante, elle se sentira faible mais n'en ressortira que plus forte !
Faut-il encore que Nathys arrive à transpercer l'enveloppe émotionnelle dans laquelle Julia s'est toujours enfermée.



Elle m'a donné envie de réécrire.

# Posté le lundi 19 janvier 2009 17:00

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 18:42

Prologue. . . . « Je crois qu'il y a un problème... »

Prologue. . . . « Je crois qu'il y a un problème...  »
__________Jeudi 8 novembre.

_____Le soleil se cache depuis quelques jours maintenant. La pluie fine et le vent d'automne ont rapidement pris leur place. Celà ne la réjouit guère, c'est vrai, mais retrouver la chaleur tombante de juillet ne l'arrangerait pas non plus. Ses yeux remplis de mélancolie fixent dangereusement les flaques qui commencent à se former au sol. Dans quelques instants, elle va rejoindre son "chez-elle". Une sublime villa, que beaucoup de gens osent envier, cependant la beauté de ce lieu ne lui a pas réellement manqué ; à l'inverse de la femme qui y vit, à ses côtés. Celle qui lui a toujours offert ses bras pour sécher les larmes que tant de personnes ne s'étaient pas privés de faire couler, celle qui sait remplacer tous ses états d'esprits en quelques minutes. Le bonheur de sa mère est gravement contagieux mais ce n'est que du positif finalement._____Les minutes défilent, les rues disparaissent, les gouttes s'abattent ; le vent frais et humide fait virevolter sans gêne ses cheveux blonds, ce qui lui donne un effet encore plus séduisant qu'à son habitude. L'adolescente respire l'odeur de la ville à pleins poumons malgré la pollution qui y est de plus en plus présente. Le bruit sourd et meurtri des moteurs viennent grogner à ses oreilles endormies un son qu'elle n'aime pas entendre. Sans qu'elle s'y attende, la pluie se met à doubler d'intensité. Sa bouche s'entrouvre sous la surprise et ses yeux soigneusement noircis à l'eye liner se mettent étrangement à regarder le ciel et ses épais nuages. Dans un élan de panique, tout son corps se crispe. Ses jambes partent d'elles-même dans une course effrénée car elle désapprouve totalement l'idée de rentrer chez elle trempée. [...]

_____Il lui suffit seulement de poser un pied sur son paillasson pour qu'elle retrouve son sourire. La jeune fille va retrouver son modèle, ainsi que ses repères, après plusieurs semaines qu'elle a dû passer aux côtés de son paternel : comme de nombreux couples, sa mère et son père, à l'époque étaient si soudés qu'il était rare de les croiser l'un sans l'autre. Puis de fil en aiguille en dépit de tous, les réelles différences avaient fait irruption au moment où l'on si attendait le moins... Un amour éphémère comme tous les autres. Un "couple" séparé, une petite fille "partagée", quelque chose de plus en plus courant de nos jours. Pourquoi s'acharner à chercher l'amour s'il n'est pas éternel ? Une question à laquelle Julia Röttgers réfléchit chaque jour, pesant le pour et le contre, tout en étant consciente de sa propre expérience. Du coup, les points positifs se font de plus en plus rares. C'est dommage.


__________Une heure plus tard.

_____Elle se remet à lire pour la quatrième fois les quelques mots qui avaient soigneusement été laissés sur la table basse du salon. Elle s'installe ensuite sur le canapé dernier cri que sa mère avait acheté quelques semaines plus tôt sur un coup de tête, le comparant mentalement à l'ancien. Elle est revenue, mais la présence de sa mère Stéphanie lui manque encore : non, elle n'était pas présente. La jeune fille se maudit de ne pas avoir pensé une seule seconde que sa mère aurait mieux à faire que l'attendre impatiemment à la maison. Trop occupée par un boulot qui la passionne de façon exagérée.

" Ma chérie, j'espère que tu es bien rentrée et que tu ne t'es pas fait surprendre par la pluie !
Moi, je pense rentrée pour 20 heures, Florence m'a appelé pour me dire qu'elle avait un nouveau projet à me confier.
Je suis désolée de ne pas être là pour te voir rentrer, mais promis : j'essaye de ne pas tarder.
Tu me raconteras dans les détails ton escapade en Allemagne, chez ton père.
Tu me manques !

Maman "

_____Julia s'amuse alors à plier en tout petit bout ce morceau de papier, ne sachant comment s'occuper. Elle sent son portable vibrer contre sa cuisse, et c'est tout en prenant son temps qu'elle l'ôte de la poche de son jean taille basse. La réception d'un message, d'un message anonyme s'affiche. Toutes les personnes qui avaient son numéro étaient dans son répertoire, elle fronça ses sourcils, réfléchissant à l'expéditeur sans même ouvrir ce message. Elle ne pourra pas aller bien loin comme ça...


Mais pourquoi vivre ce moment à travers mes paroles ?
Prenez place, son âme vous ouvre ses bras...


____________________________________


_____Anonyme ? J'ai horreur des messages anonymes, même si en général, ce n'est rien de grave ; cependant mon naturel stressé crispe tous les traits de mon visage lorsque j'appuie sur la touche centrale du téléphone. Une phrase étonnante s'affiche soudain : " Ich hoffe, dich bald wiederzusehen. " . Je traduis rapidement cette phrase dans ma tête, ayant de très bonnes bases germanophones grâce à mon père : " J'espère te revoir bientôt. " . J'écarquille les yeux, signe de stupéfaction, sans les quitter pour autant de mon écran. Je marche en direction de ma chambre avec une attitude nonchalante, qui me fit trébucher. Ma curiosité m'empêche d'attendre une seconde de plus avant de répondre à ces quelques mots et à cette personne qui ne m'est peut-être pas si inconnue que ça.

_____Mes doigts vernis se baladent avec rapidité sur les multiples touches qui sont à leurs portées. En quelques secondes, je relève la tête plutôt satisfaite et me mets à espérer une réponse claire. "Je veux bien te croire. Mais qui es-tu ?" . Je relis une énième fois cette phrase et lance ce message à travers le circuit infernal de la technologie. Soudain la porte d'entrée claque et attire mon attention, des bruits de talons aiguilles choquent le carrelage froid. Aucun doute possible, ma mère vient d'arriver à l'instant. Je laisse mon portable sur mon lit et cours à travers ma chambre, je traverse le salon tout aussi vite, de façon à entrer rapidement dans la cuisine. Devant la porte, je m'arrête brusquement et commence à sourire. Elle est en train de préparer son café, un rituel depuis de longues années : là je me sens vraiment chez moi. Elle tourne la tête m'ayant sans doute entendu arriver, un large sourire s'étire sur ses lèvres et je m'approche rapidement d'elle. Ses mains se posent dans mon dos et elle me serre avec amour dans ses bras. Je resserre mon étreinte, elle m'a tellement manqué. Les relations mère-fille qu'il peut y avoir dans certaines familles ne sont pas toujours roses mais la nôtre est surprenante, étant donné que nous sommes liées comme deux doigts de la main. On se détache mutuellement de cette étreinte et elle passe une main dans mes cheveux encore mouillés de la pluie qui s'est mise à tomber.

_ Je vois que tu es rentrée sous la pluie, sourit-elle en me dévisageant.

_____Je plonge mon regard dans le sien, observant des yeux qui ressemblent fortement aux miens. Même si son regard se dit rassurant, elle m'a l'air inquiète. Ceci dit, on ne s'est jamais rien caché ; la franchise étant une de nos principales qualités, qualité qui peut s'avérer être un défaut dans certaines circonstances. Sa main se porte maintenant à sa taille et son sourire reste présent.


_ Effectivement, mais ce n'est pas bien grave. Toi, en revanche... Tu m'as l'air inquiète. Tout va bien ?

_____Elle ne fais pas un geste, mais dévie ses yeux vers la droite ; ses dents viennent mordre sa lèvre inférieure. Un tintement vient nous troubler, l'expresso qu'elle venait de faire est prêt à être bu. Elle m'adresse un sourire timide puis recule d'un pas pour attraper sa tasse de café Lavazza, grande marque Italienne dont elle ne se passera jamais. Doucement, elle l'amène à sa bouche, réchauffant par la même occasion ses doigts glacés grâce à la chaleur qui s'émane du verre. Elle me certifie que tout va bien lorsque qu'un bruit de porte qui s'ouvre et se referme me surprend. Stéphanie n'est pas étonnée mais ses yeux observent maintenant son café noir avant qu'elle ne relève la tête vers moi. Je lui lance un regard interrogateur mais cette fois, elle se contente de baisser les yeux pour fixer ses chaussures. Oulà! Elle me cache quelque chose. Des pas lourds se font ressentir dans le couloir, une main timide toque à la porte qui, elle, s'ouvre un peu plus de seconde en seconde, pour finalement laisser apparaître la tête d'un jeune garçon. Mes yeux ne peuvent s'empêcher de le dévisager : ses cheveux mi-longs retombent soigneusement sur son visage, la couleur bleue de ses yeux s'harmonise parfaitement avec le brun foncé de ses cheveux. Son teint doit faire jalouser beaucoup d'autres personnes, son nez est droit, ses lèvres sont fines : elles gardent un sourire charmeur mais visiblement crispé. Il parait à première vue plutôt mature, malgré son âge et étonnement charmant. Il nous intime un simple " Bonjour " tentant un regard timide en ma direction. Mes yeux fixent alternativement ce garçon et ma mère. Je racle ma gorge de façon à capter l'attention de cette dernière et avoir une explication à ce qu'il se passe. Un son que je traduirai de " Euh... Je... " sort péniblement de sa bouche.

_ Hum ? Tu ?
_ Je suppose que tu te poses certaines questions là maintenant..., marmonne-t-elle scrupuleusement.
_ Tu supposes bien, sourié-je toujours aussi étonnée.
_ Je vais t'expliquer, annonce-t-elle timidement. Une grimace se forme sur son visage, je comprend qu'elle cherche ses mots : Tu sais que je viens d'aller voir Florence, et elle en a profité pour m'apprendre que je devrais interviewer Nathys Strommenger, un mannequin allemand, ce jeune garçon...

_____( Écoute. ) Elle le montre volontairement du doigt, osant un sourire. Le dénommé Nathys avance un pas de plus vers nous. Je n'aurais pas pensé avoir affaire à un mannequin mais finalement, ce n'est pas étonnant. Les sourcils de Stéphanie se froncent devant mon visage dépité de toutes expressions. Je ne comprend pas qu'elle stresse autant pour si peu. Je ne vois pas en quoi cette interview me regarde et devrait me déranger. Le visage de ma mère avait l'air détendu mais elle reprend la parole d'un ton plus sérieux :

_ Julia, je sais que tu ne vas pas aimer ça, mais Nathys doit rester ici. Elle reprend sa respiration afin d'enchaîner avec appréhension : Il vivra avec nous le temps de son voyage en France parce qu'il y a eu un problème avec sa chambre d'hôtel, je n'ai pas très bien compris mais étant donné que je dois me charger de cette affaire, je n'ai pas tellement le choix. Mais ne t'en fais pas, il prendra la chambre d'ami, il parle très bien français, il est poli, gentil et il ne mord pas. Tout devrait bien se passer...

_____L'ombre d'un sourire s'éternise sur son visage et pour ma part, je ne sais plus quoi dire. Elle a donné réponse à toutes les questions que j'aurais pu lui poser alors pourquoi pas ! Je ne pense pas que l'on se croisera souvent, le journalisme est un travail à plein temps. J'acquiesce de la tête pour lui faire comprendre que de mon côté, il n'y avait aucun problème. Mais son visage ne se radoucit pas, elle se permet de grimacer et de souffler un bon coup pour reprendre la parole :

_ Mais je crois qu'il y a un problème...
_ Lequel ? J'admets cette question avec une certaine surprise, une certaine appréhension aussi.
_ Tu te souviens de Jérôme Leblanchard ? Le festival et le projet que j'avais accepté ? Il se trouve qu'il commence dans deux jours et je dois obligatoirement m'y rendre et donc te laisser seule, enfin, en bonne compagnie plutôt. Je reviens mercredi prochain, ça ne sera pas long. Ne m'en veux pas, je sais bien que c'est pas évident pour toi et que tu détestes ce genre de situation surtout que tu viens seulement de rentrer. Mais pour cette fois, je te demanderais de faire un effort ma chérie

_____Son visage parait triste et anxieux aussi. Je ne réalise toujours pas qu'elle parte alors que l'on ne s'est pas vues depuis deux semaines. Je vais faire un effort pour ne pas lui en vouloir mais là, elle me met sur les bras la responsabilité de Nathys. J'avoue qu'il est charmant, même beaucoup trop mais ça ne change rien, ou presque. Celui-ci me regarde étrangement depuis quelques minutes mais je prends conscience qu'en réalité son regard ne s'est pas détaché de moi depuis son arrivée, je fronce les sourcils et ose plonger mes yeux dans les siens couleur océan. Je le défis du regard pour essayer de montrer une certaine assurance dans mes actes et dans ma réaction, il dévie alors ses yeux sur ma mère toujours présente à mes côtés, et je me rend compte que je viens de dégager une assurance que je n'ai pas réellement. L'audace, la confiance et la conviction sont trois termes étrangers à mon esprit. Mais mes gestes, mon allure et ma physionomie essayent chaque jour de montrer au monde entier une personne forte, courageuse et qui possède une certaine vaillance à dire tout ce qu'elle pense. Une carapace pure et dure s'est forgée rapidement, il y a déjà plusieurs années ; elle arrive à dissimuler celle que je suis réellement. Mais cette situation me convient mieux, peut-être que cette enveloppe émotionnelle créera mon vrai caractère. Une enveloppe émotionnelle qui dissimule mon passé, un passé blessé, mais qui essaye pourtant de construire un présent et un avenir digne de ce nom, capable de me rendre heureuse qu'importe la situation...



Apparences.




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Et me voilà de retour ! Le prologue reste le même dans l'ensemble, juste quelques états d'âmes et quelques situations ont changés. J'espère pouvoir toujours compter sur mes lectrices et accueillir les nouvelles.

L'Histoire de Julia & Nathys ne demande plus qu'à être explorer.

En attendant, le premier chapitre qui arrivera dans quelques jours, je vous embrasse très fort !
Et vous remercie de tout mon c½ur !





# Posté le mardi 20 janvier 2009 10:00

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 14:27

Chapitre 1.. . . . « Je prendrais bien soin d'elle. »

Chapitre 1.. . . . « Je prendrais bien soin d'elle. »

« Si je pouvais, je lui dirais
De ne pas être effrayée
La peine qu'elle ressent,
Les sensations de solitude s'effaceront
Alors sèches tes larmes et reprends confiance en toi
L'amour te trouvera comme avant. »


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__________Jeudi 8 novembre , 22 heures 16.

_____Étalée dans ce grand lit, luttant contre la force surnaturelle qui tente de fermer mes paupières, je réfléchis aux quelques jours qui vont bientôt arriver. J'ai beau me dire que tout devrait bien se passer, j'appréhende énormément le moment où je vais devoir rester seule avec un mannequin allemand qui en ferait craquer plus d'une. Le silence qui règne dans la pièce consume mon énergie, ce qui a tendance à m'endormir. Un apaisement suprême s'empare de moi et tente de m'envoyer au pays des rêves mais un toquement me ramène à la réalité. Je secoue nerveusement ma tête de droite à gauche, histoire de remettre mes idées en place puis murmure un " oui ? " difficilement audible pourtant. Sans attendre, la porte s'ouvre sur Nathys et un large sourire s'étire sur son visage devant la décoration peu ordonnée de ma chambre. Lorsque ses yeux croisent les miens, il s'arrête brusquement et se contente d'arquer l'un de ses sourcils pour montrer son incompréhension. Je continue de le regarder tout en m'asseyant en tailleur au milieu de mon lit, de façon à être un minimum présentable. L'expression de son visage commence à se dissiper, mais à ma grande surprise il roule des yeux puis croise ses bras.

_ Ne me dis pas que la simple idée de dormir t'avais effleuré l'esprit !

_____J'écarquille les yeux, étonnée par le ton qu'il vient de prendre avec moi. C'est la première fois qu'il m'adresse la parole or rien ne le montre dans son comportement, ça m'amuse. Je souris en repensant à sa phrase : bien sur que si, l'intention de dormir m'avais effleuré l'esprit. Je ne vois rien d'autre à faire et je suppose qu'il ne va pas sortir ce soir. Il examine ma chambre dans tous les coins et recoins, mais son expression reste neutre, impassible devant cette grande pièce. Son expédition se termine et il vient prendre place à mes côtés. Il sourit, en me lançant un objet qui s'avère être mon portable. Nathys se justifie rapidement en affirmant qu'il avait failli s'asseoir dessus et que je ne devrais pas laisser traîner mes affaires. Je ne fais guère attention à ses recommandations puisque j'aperçois un nouveau message. Malgré l'absence de l'expéditeur, je n'hésite plus à lire ses messages cette fois : " Oh, tu ne te souviens plus de moi Julia ? Moi, comment t'oublierais-je ? ". A vrai dire, je n'ai pas donné mon numéro lorsque j'étais en Allemagne, alors comment pourrais-je savoir ? Je n'ai pas perdu la tête ! Pourquoi n'ai-je aucun souvenir d'avoir donné mon numéro ? Peut-être est-ce simplement l'ami d'un ami ? Ou n'étais-je simplement pas en état lorsque j'eus la merveilleuse idée de le donner ? Oui, voilà ! Je l'ai donné sans m'en rende compte, dans un élan de gentillesse pour faire plaisir... C'est ça oui, pitoyable ! Une main passe inlassablement devant mes yeux...

_ Julia ! Tu m'écoutes ?
_ Oh... euh, oui ! Excuse-moi ! Tu disais ?
_ Est-ce que tu connaîtrais de bonnes boîtes sur Paris ? Parce que bon... Je ne m'ennuie pas mais l'air frais de cette grande ville m'appelle... Je... Pourquoi tu ris ?
_ Je ne pense pas que tu t'adresses à la bonne personne, j'ai horreur des boîtes de nuit alors... , souriais-je exagérément de peur qu'il ne se foute de moi.

_____Je me concentre sur mon téléphone dans le but de lui répondre mais plusieurs formulations me viennent à l'esprit, pourtant j'ai le sentiment qu'aucune ne correspond. J'ai envie de laisser mes doigts se guider seuls sur toutes ces touches. L'inconnu, un mystère vivant. Et j'ai toujours aimé ça. Après tout, c'est bien Albert Einstein qui a dit : " Le plus beau sentiment du monde, c'est le sens du mystère. Celui qui n'a jamais connu cette émotion, ses yeux sont fermés. " Je pense que les miens sont grand ouvert à cet instant. Toutes les questions que l'on peut se poser sur une personne sont en ce moment en irruption dans ma tête mais demeurent sans réponse. Jusqu'à quand ? Je pense que les miens sont grands ouverts à cet instant. Toutes les questions que l'on peut se poser sur une personne sont en ce moment en irruption dans ma tête mais demeurent sans réponse. Jusqu'à quand ? Le son rauque de Nathys me surprend de nouveau. Il me semble qu'il vient de prononcer un faible : " Tu rigoles ? " avant de me regarder comme si je venais d'une autre planète. Ça le surprend tant que ça ce que je lui ai dit ? Oui, je sais que tout le monde aime s'amuser en boîte, boire et danser pendant des heures et des heures, mais je ne suis pas "tout le monde". Je préfère une soirée entre amis, à rigoler, pourquoi pas boire et fumer aussi qu'une soirée entourée de monde, à transpirer et écouter de la musique que l'on n'aime pas forcément. " Je dois avoir une petite mémoire mais ça ne t'empêches pas de me rappeler ce que je suis censer savoir de toi." Message envoyé.

_ Ce n'est pas ton truc, mais tu y as déjà été n'est ce pas ? , demande-t-il, l'air gêné. Je me retourne vers lui mais l'agacement qui se lit sur mon visage disparaît à la simple vue de son sourire confus, où tout ses dents sont visibles. Je regarde mes mains à présent.
_ A vrai dire, j'y ai jamais été. Un sourire se forme sur ses lèvres. Mais tu sais, ça me dit vraiment rien et puis tout ce monde, toute cette chaleur... Non, vraiment ! Ça ne me dit rien. Il écarte ses jambes, pose ses avant-bras au niveau de ses genoux pour sceller ses mains ensuite. Sa tête se tourne vers moi, il me regarde de ses yeux azur légèrement plissés et il m'écoute attentivement en se mordant la lèvre inférieur. Je vois pas ce qu'il y a de génial à être étouffer par des centaines de personnes, avec de la techno insupportable t'éclater aux tympans. Juste cette idée m'empêche de dire : " Allez Julia ! Pour la première fois de ta vie tu vas t'aventurer dans ce club, et essayer de comprendre ce qui pousse tous ces gens à y aller. " Ironise-je osant un regard vers lui. Il se permet d'étouffer un rire, avant d'ajouter qu'un jour il essayera de me faire comprendre ce qui le pousse à y aller. J'aimerais bien voir ça tiens !


__________Samedi 9 novembre, 11 heures 12.

_____Je regarde sans cesse ma montre, les minutes passent à une allure folle. Du moins, j'en ai l'impression. Ma mère ne fait que des va-et-viens dans toute la maison, et c'est ça que l'on appelle se préparer ? Une chose est sûre : elle est stressée. Je pense que ça doit être héréditaire, malheureusement. Nathys la regarde amusé, assis dans le canapé à mes côtés._____Oh ! _____En parlant de lui, il ne m'a pas lâché d'une semelle durant ces deux jours. Ça va faciliter son séjour, mais je le sens perdu ici, ce n'est ni sa ville, ni son pays. Cependant j'appréhende un peu moins le moment où je devrais me retrouver seule avec lui, je n'ai jamais partagé cet endroit avec quelqu'un d'autre que ma mère mais je me dis que tout va bien se passer. Pas le choix d'un côté. Mes yeux regardent une fois de plus l'heure : 11 heures 14. Deux minutes de plus. Je la vois passer devant nous puis disparaître dans une autre pièce avec son écharpe en cachemire grise dans une main et sa veste noir dans l'autre.

_____Ma mère est pire que moi pour ce qui est du shopping : pour toujours être au top du top de la mode, attention ! Toujours avec des vêtement que l'on pourraient qualifier de "classes", "chics" ou encore "élégants". Tout lui va à merveille, et elle le montre bien. Un gilet, une jupe, ou un bracelet lui plait ? Elle l'achète sans réfléchir, et tant pis si ça doit rester dans le fond du placard. Mais sa vie ne s'arrête pas ici, une autre de ses passions est évidemment l'interview. Il faut dire que son travail, c'est sa vie. Je ne sais pas ce qu'elle ferait sans. Elle est tellement à l'aise dans ce métier, que je l'envie un peu. Tout le monde, tous ces journaux inutiles veulent pouvoir compter Madame Röttgers Stéphanie parmi eux. Un acharnement inutile sans doute car elle ne quittera pas sa boîte. Ou du moins, pas pour l'instant. Et qui dit interviewer dit inévitablement voyager. Les quatre coins de la Terre, les plages paradisiaques, elle a vraiment tout visité. Son métier le lui permet, les interviews à l'étranger se font de plus en plus nombreuses. et son patron préfère l'envoyer elle, à l'étranger plutôt que de risquer de rater une interview. Elle fait la fierté de sa boîte et en est bien consciente. Jusqu'à en profiter ? Peut-être.

_____Elle entre pour la énième fois dans le salon où nous sommes installés. Elle nous regarde, un sourire en coin, en nous annonçant qu'elle était enfin prête. Non, ne croyez pas que j'ai envie qu'elle parte, bien au contraire. C'est juste que si elle continuait comme elle était partie, elle aurait sans doute loupé son train. Elle avance d'un pas décidé vers la porte d'entrée, pendant que l'on imite chacun de ses gestes. Et voilà ! On vient à peine de se retrouver que l'on doit déjà se dire au revoir. Elle me regarde droit dans les yeux, et m'énonce les unes après les autres les précautions que je devrais prendre ; telles que : baisser le chauffage, éteindre les lumières, fermer la porte à clé, ne pas laisser l'eau couler... Des choses que l'on fait par réflexe mais qu'elle se sent obligée de me répéter à chaque fois. Elle me prend dans ses bras pendant quelques instants et se contente de faire la bise à Nathys. Ses yeux valsent entre ce dernier et moi, tandis qu'elle nous murmure un petit " Pas de bêtises ! " énergique. Je la regarde agacée, ça ne m'étonne pas d'elle en même temps. Je sens un bras m'entourer les épaules, ce qui me surprend d'autant plus lorsque je comprends que c'est un geste de Nathys. Il regarde ma mère amusé :

_ Ne vous inquiétez pas !, la rassure-t-il un sourire figé aux lèvres. Je prendrais bien soin d'elle, ajoute-t-il en m'adressant par la suite un clin d'½il.

_____D'accord ! Julia respire, respire. Après tout, il n'y a aucune arrière pensée dans cette phrase. Enfin, j'imagine. Ma mère rigole de bon c½ur et se limite à lui répondre un bref : " J'espère bien ! " suivi d'un clin d'½il très expressif mettant destiné, ce qui a valu l'élargissement du sourire de Nathys. Elle jette discrètement un coup d'½il rapide à sa montre, puis ferme la porte sur un dernier sourire. Je me retrouve seule en compagnie de Nathys. Ses yeux me fixent et j'arrive très bien à lire un " Et maintenant ? " à travers. Je me retourne de façon à lui faire face. Il est plus grand que moi, il me regarde donc de haut, ce qui a l'air de l'amuser apparemment. Il donne un coup de tête vers la droite de façon à dégager la mèche qui lui cachait la vue.

_ Je vais aller prendre une douche, décidé-je ce qui impliquait que je laissais seul, un " Et moi ? " se lisait à travers ses pupilles brillantes. Tu n'as qu'à regarder la télé, ou euh... Faire à manger ?
_ Je suis nul en cuisine ! Tu le sais ça ?, m'avoue-t-il en grimaçant légèrement. Je le regarde, souriant de toutes mes dents. Il lève les yeux au ciel faisant mine de réfléchir : Bon, si t'as envie de mourir d'une intoxication alimentaire ; pas de problème !
_ Rassure toi : je ne cuisine pas mieux que toi, rajoute-je pensant à ce qu'allait être ces quelques jours sans nourriture comestible. Tu trouveras tout ce qu'il te faut dans les placards et le frigo. Fais comme chez toi.

_____Je le laisse seul dans le hall d'entrée, continuant mon chemin vers la salle de bain. J'ouvre le robinet d'eau chaude après avoir fermé la porte à clé derrière moi. Je me regarde dans le miroir, avant de me plonger dans mon bain moussant et de m'assoupir. [...] Un dernier coup de crayon et je pourrais enfin réouvrir cette porte après une absence d'environ trois quarts d'heure auprès de Nathys. J'entends le son de la télé, soit il est dans le salon, soit encore en train de cuisiner dans la cuisine : je décide bizarrement d'aller jeter un coup d'½il dans la salon. Nathys est dans le canapé, confortablement installé, à regarder un film à l'eau de rose - ce qui m'étonne fortement de lui. Il ne m'a pas aperçue puisque je ne lui fais pas face. Je m'approche un sourire aux lèvres, pour lui ébouriffé drôlement les cheveux. Il a compris que j'étais là, mais ne bouge pas, se contentant d'ajouter : " J'étais sûr que tu ne pouvais pas t'empêcher de m'embêter. Tu as tenu le coup jusqu'à midi ? Je dois te féliciter. " Je rigole, c'est vrai que je ne l'ai pas épargné depuis son arrivée. On s'est vite rapproché. Et je dois avouer que c'est en partie grâce à lui, ce garçon est très sociable voyons. Oh oui ! On peut vraiment dire qu'il est tout le contraire de timide. Je l'admire pour ça d'ailleurs. Je fais le tour pour m'asseoir à ses côtés, j'attrape un coussin assorti au canapé et le pose doucement sur ses genoux. Il me regarde un sourire craquant aux lèvres, je rougis et lui demande timidement si je peux m'étaler. Son rire arrive transperce la pièce et il replace doucement une de mes mèches de cheveux derrière mon oreille.

_ Fais comme chez toi Julia.


__________Samedi 9 novembre, 12h31.

_ Alors ?, me demande-t-il craintif, en grimaçant.

_____Il s'attend sans doute à ce que je lui donne raison : " Tu avais raison, je vais mourir d'une intoxication alimentaire. " ou encore " Effectivement, t'es vraiment nul en cuisine ! ". Mais non, et à ma plus grande surprise, je peux même avouer que c'est plutôt bon. Ce n'est pas ce que j'aurais dit en me mettant à table pourtant, parce qu'il faut dire que l'esthétique c'est pas trop ça. Mais bon, niveau goût, il n'y a rien à dire. Manque de sel peut-être ? Je le regarde désolée et remuant nonchalamment ma fourchette entre mes pâtes à la bolognaise, j'ose un regard vers lui, une petite grimace. Sa tête est posée sur sa main, ses sourcils sont levés et il affiche une mine boudeuse. Je ne peux m'empêcher de sourire discrètement, il est vraiment adorable comme ça. Sa main vient cogner son front :

_ J'étais sûr que j'aurais dû appeler une pizzeria. Il me fixe, mais mon expression reste toujours aussi navrée. Je suis désolé, promis je me rattraperais ! Un sourire angélique s'empare de ses lèvres, mais disparait juste devant mes yeux. Il rajoute doucement : C'est si mauvais que ça ?

_____Une seconde... Un sourire grandissant s'annonce sur mes lèvres. Deux secondes... Je me mords fortement la lèvre inférieure pour essayer de garder mon calme. Trois secondes... J'éclate de rire sous sa mine boudeuse. Lui, ses sourcils se froncent ; mouvement d'incompréhension sans doute. Il doit me prendre pour une folle. Mon rire s'estompe peu à peu, j'arrive à me contrôler du moins, j'essaye. Il a vraiment cru que je pensais que c'était immangeable ? Même si, je ne l'ai pas dit explicitement, il est vrai que j'ai tout fait pour qu'il le croit. Faudrait peut-être que je lui dise qu'en réalité, c'est pas si mauvais. Parce que je pense qu'il va me faire manger des pizzas tous les jours sinon... J'ose un regard vers lui puis finalement une petite phrase :

_ Euh, pourquoi tu dis ça ? Un sourire aux lèvres, les sourcils légèrement haussés.
_ Bah ! Ça se voit ... Il prend une voix enfantine pour rajouter : Rien qu'à la tête que tu faisais et puis t'as vu à quoi ça ressemble ? Je ris puis prend un air angélique :
_ Oh ! Crois moi, c'est meilleur dans la bouche que dans l'assiette. Allez ! Goute ! Je te promets, tu ne risques rien !

_____Nathys me tire la langue et s'aventure dans la dégustation de ses pâtes. Il prend un air fier, presque supérieur après s'être rendu compte qu'il avait peut-être hérité des talents culinaires de sa mère. [...] Le repas se continue et se termine par nos rires complémentaires. Je fais rapidement le lave-vaisselle avec l'aide de Nathys à mon agréable surprise, finalement notre cohabitation sera moins difficile que ce que j'aurais imaginé. L'horloge indique bientôt 13h00, je marche derrière Nathys qui est parti s'installer sur le canapé, une nouvelle fois. Il attrape la télécommande et zappe nerveusement sur toutes les chaînes. Je crois que la phrase : " Fais comme chez toi " n'est pas passé dans l'oreille d'un sourd. Je lui retire la télécommande des mains, et zappe à mon tour mais en prenant le temps de voir ce qu'il y avait à chaque chaînes cette fois. "... pour faire son nid. Les branches sont soigneusement..." Zappe. " ... Non ! Tu peux pas me faire ça ! Regarde la vérité en face, tu n'as ..." Zappe. "... état d'arrestation. Vous avez le droit de garder le silence, toutes..." Zappe. " ...commence à se faire connaître en Allemagne, plusieurs pétitions de fans ont été..." Zap...

_ Hé !, m'interrompt Nathys brusquement. Remets ! C'était intéressant ça !
_ Mais non ! C'était pas intéressant !, riposté-je directement. Tout le monde s'en fou de ce groupe.
_ Julia ! S'il te plait !, me supplie-t-il en faisant la moue.

_____Je soupire de façon plutôt bruyante, en remettant la chaîne que Monsieur voulait. Quatre garçons apparaissent alors sur le petit écran. L'un des garçons ressemble étrangement à Nathys, il a de nombreux airs cependant la couleur des yeux et des cheveux est différente, il me semble que ce dernier se trouve au chant et qu'il se nomme Lucas. La particularité du deuxième garçon est sans aucun doute ses multiples tatouages, ce dernier parait passer ses jours sur sa basse vu la rapidité à laquelle il joue, ce nom parait être Kyle. Le troisième garçon, Matthew frappe énergiquement sur sa batterie, ses cheveux ondulés bougent au rythme de la musique et toute sa force s'éternise à travers ses baguettes. Le dernièr garçon a l'air de vivre pour la musique notamment pour sa guitare, Dan serait donc le guitariste du groupe. A première vue, le groupe est l'air d'avoir une bonne musique et même son nom est accrocheur : Art of vice. L'art du vice, je trouve ça subtil. Nathys est plongé corps et âme dans cette émission qui ne va pas tarder à s'arrêter. J'ose pourtant lui adresser quelques mots :

_ Tu connais ce groupe ? Tu es fan, c'est ça ?
_ Moi, fanatique de Lucas et compagnie ? N'abuses pas non plus, répond-t-il en riant de façon exagérée.
_ Lucas, c'est le chanteur c'est ça ? Il te ressemble pas mal, je trouve.
_ Je sais.

_____Je suis surprise que mes paroles ne l'étonnent pas, on a sans doute dû lui faire la remarque plus d'une fois alors. Cependant, ce groupe n'est pas si connu alors pour faire le rapprochement, il faut vraiment y penser. Nathys connait ce groupe, il parle d'eux naturellement sans être fan et il sait qu'il ressemble au chanteur.

_ C'est ton frère ?
_ Non, mais c'est tout comme.

_____Il plonge son regard dans le mien, comme si je venais de dire quelque chose de touchant. Peut-être que dire que ce chanteur est comme son frère le touche au fond. Je fronce les sourcils, je ne comprend pas pourquoi Nathys affirmerait que Lucas est tout comme. Il baisse la tête et sourit ayant apparemment perçu ce qui m'étonnait.

_ Lucas et moi, on se connaît depuis qu'on est gosse. On a jamais été vraiment séparé et je peux dire que les liens que j'entretiens avec lui ont très vite dépassés les liens du sang. Tu vois, c'est comme mon repère dans ce monde. Je vais m'arrêter là, je peux être un grand sentimental quand je m'y mets, continue-t-il les joues rosies et un sourire constant accroché à ses lèvres.
_ Je ne savais pas.
_ Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas de moi, Julia.

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Un séjour sans la mère de Julia commence... Comment la relation entre Julia & Nathys va-t-elle évoluer ? Le futur nous le dira.
En attendant, je vous embrasse et vous remercie toujours autant.


# Posté le mercredi 21 janvier 2009 14:42

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 14:46

Chapitre 2. . . . « Quand une personne que t'admires arrive à te décevoir, tu te dis qu'en réalité, tu vivais dans le mensonge.. »

Chapitre 2. . . . « Quand une personne que t'admires arrive à te décevoir, tu te dis qu'en réalité, tu vivais dans le mensonge.. »

« Je veux juste que ma vie change
Tout semble pareil, je me sens emprisonné
Je suis épuisé de m'effondrer
Tout semble pareil, j'ai besoin d'un changement
Combien de temps vais-je attendre ici
Pour que mon destin brille
Attendant avec espoir que demain
Je ne me sentirai plus pareil. »


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _



__________Dimanche 11 novembre.

Mes oreilles hurlent un bruit sciant. Ma main agresse violemment mon réveil. Ma voix grogne son mécontentement. Ma tête souffre sans raison. Tandis que mes yeux lisent 11 : 30.

_____Je me réveille une nouvelle fois sans ta présence à mes côtés, maman. Tu m'as toujours pris sous ton aile, j'avoue que la réalité est frappante mais que je n'ai jamais voulu m'en rendre compte : je t'ai toujours considéré comme mon modèle, tu sais la personne que l'on admire et à laquelle on veut absolument ressembler. J'ai toujours vécu à travers toi._____Jusqu'au point de ne plus vivre moi-même ? _____Tu me le répétais souvent de vivre ma vie, de faire ce que j'ai envie de faire, d'aller de l'avant sans se soucier de ce que pouvait penser les autres. Cependant d'un côté, on me disait constamment : " C'est fou ce que tu ressemble à ta mère. " , " Ça ne plairait pas à ta mère, moi si je serais elle, j'aimerais que tu... " mais de l'autre, on me répétait : " Tu n'es qu'une simple copie de ta mère. C'est dommage ! " , " Vis ta vie, bordel ! ". Ont-ils raison maman ? Devrais réellement vivre ma vie sans te copier gestes pour gestes, traits pour traits ? " Il n'est jamais trop tard pour devenir ce que nous aurions pu être. ( Georges Eliot ) " . A 17 ans, je crains qu'il ne soit trop tard pour un nouveau départ, de toute façon, je n'en aurais jamais le courage. Une boule commence à grossir dans ma gorge et la question " Qui suis-je réellement ? " se répète inlassablement dans mon esprit.

_____La mauvaise idée de se lever me traverse la conscience et doucement je me redresse pour m'asseoir sur le rebord de mon lit, mais mon pied vient se poser sur une feuille. Le souvenir de la soirée d'hier refait surface. Une soirée comme les autres, tranquille en somme. Mais en cherchant désespérément le sommeil, mes mains se mirent à écrire toutes seules, d'elles-même. Je m'empare, tremblante, de cette feuille et la survole des yeux d'emblée. Écrire, je le fais souvent, ou lorsque j'en ai besoin, lorsqu'il y a quelque chose qui me tracasse. Mais hier, je n'avais aucune raison d'écrire. Juste une envie.

« Je me rend compte que la vie est pathétique. Ma vie est pathétique. Toutes les erreurs que je peux faire à l'instant même ne sont que superflues. Oui, j'écris. Donc, je gomme, je rature, je tire un trait. Et je recommence de nouveau. Mais là, ici, maintenant, c'est différent. Dommage : dans ma vie, rien n'est pareil. On prend des choix, des décisions ; on fait des fautes. Que l'ont qualifie " d'erreurs". Non voulus : "sans faire exprès ". La vie est donc un enchaînement d'erreurs à peu près inévitable ? Mais on ne peut rien effacer, rien gommer. Certes on peut les atténuer grâce à un autre mot, un autre choix mais on ne peut jamais revenir sur le passé. La page se tourne, impossible de revenir en arrière. Pourtant on n'a la vie que l'on a ! On essaye de bien faire se rendant compte que ce n'est que superficiel. Apparences. Et quoi que l'on fasse, il y aura toujours quelque chose qui viendra salir les phrases, les mots et les pages de notre vie. Des mots peuvent être oubliés, d'autres exagérés malgré tout c'est ça qui donne notre caractère, non ? Tout comme l'écriture : Ronde, petite ou maladroite... Elle nous imite, nous ressemble. Notre image se reflète dans la plume de notre stylo. La mienne grince. A force de trop écrire, elle finit par se fatiguer, saturer. Elle aimerait devenir elle-même. Osez ! Pour pouvoir mieux écrire, écrire comme elle le veut, comme elle en rêve. Et peut-être maintenant voler de ses propres ailes. Je m'égare : ce n'est qu'un stylo. Et pourtant, il me ressemble. Je le regarde écrire chaque mots, en oublier, vouloir avancer, dire ce qu'il a au fond de lui mais penser que finalement tout est éphémère.»

_____Je retire mes yeux de cette feuille en essayant d'enlever certaines pensées de ma tête. Oui, une autre vie aurait peut-être été la mienne, mais l'instant présent m'offre de nouvelles circonstances d'existence. Mes mains ouvrent ma table de nuit, pour enfermer mon écriture dans le premier tiroir ; là où d'autres écrits ont déjà été trop souvent oublier. Je néglige le fait de devoir me lever, pour m'allonger une nouvelle fois. [...]

_____Je me réveille en sursaut et me souviens avoir dit à Nathys que je serais sans doute prête pour midi. Je me lève d'un bond, en évitant de tomber mais je me vois obliger d'attendre quelques secondes, le temps que le vertige dû à la rapidité que je venais de prendre disparaisse. La porte à peine ouverte, je sens déjà le délicieux son d'une musique des Beatles m'envahir les oreilles, il a dû dénicher ça dans les vieux classiques de ma mère. Je traverse les pièces et les couloirs pour rejoindre la cuisine. Nathys est assis en bout de table, un carton de pizza à moitié ouvert à ses côtés. La tête appuyé contre sa main, il vient de me remarquer... Je jette machinalement un coup d'½il à l'horloge, juste au-dessus de lui. _____12 heures et demie passé._____Mes yeux se reposent sur lui, il me regarde complètement blasé.

_ La prochaine fois, je te dirais de te lever à neuf heures, comme ça peut-être que tu seras prête pour midi. Je lui fais l'un de mes plus beaux sourires pour tenter de me rattraper.
_ Excuse-moi, je me suis rendormie. Il semble esquiver un sourire. Je vois que tu as commander une pizza.
_ Ça va encore, t'as une bonne vue le matin, me dit-il en m'envoyant un regard provoquant tandis que je m'assois sur la chaise la plus proche.

_____Une part de pizza dans ma main, je le vois observer l'extérieur par la fenêtre avec des yeux rêveurs. C'est si adorable à voir qu'un sourire perce mes lèvres. ( Écoute. ) La piste du CD change alors qu'il se retourne vers moi, m'observant quelques instants. Il ouvre la bouche, s'apprêtant à parler, mais il l'a referme d'emblée. Bon Julia, dis quelque chose là ! Si tu veux pas te faire sermonner encore pour ton retard. Un sujet de discutions... C'est ce qu'il me faut ! En fait, pas besoin d'aller chercher loin pour en trouver un, si on y regarde de plus prêt ; je me rend compte que je ne connais presque rien de lui... Mis à part qu'il s'appelle Nathys, Nath pour les intimes, qu'il vit seul dans son appartement à Horn, une petit ville près d'Hambourg, qu'il est dans le mannequinat depuis bientôt quatre ans mais qu'il est déjà assez connu dans ce milieu. Et plusieurs autres informations non importantes à son sujet. Pendant que mon esprit est occupé à cherché en vain une question pour réanimer le dialogue, son portable se met à vibrer encore et encore. Il l'a aperçu, mais ne bouge pas pour autant.

_ Tu peux décrocher tu sais ! , lui dis-je attendant pour réaction qu'il décroche enfin.
_ Je sais, affirme-t-il sans répondre à la personne qui essaye en vain de le joindre.
_ Oh, euh... D'accord.
_ C'est mon père. Et comme en ce moment c'est assez tendu entre nous, je ne préfère pas prendre le risque de déclencher une énième dispute au téléphone.
_ Je comprends.
_Ça ne servirait à rien... Je n'ai pas besoin de ça, juste d'être éloigné de tout et de tous. La solitude que je ressens lorsque l'on me parle de lui est immense.
_ Tu ne le vois plus ?
_ Ce n'est pas ça. C'est juste que lui et moi, on est différent, complètement différent. On a pas la même façon de voir les choses, la vie, ou les personnes. Tu comprends ? Même si je suis son fils, l'amour qu'il devrait ressentir à mon égard est quasi transparent, m''apprend-t-il, tandis que je reste surprise qu'il s'ouvre aussi vite sur un sujet si sensible pour lui que celui-ci.
_ Ton père t'aime. Même s'il peut avoir du mal à te le montrer... , pensé-je tout haut en croquant dans le dernier morceau de ma part de pizza.
_ Oui, mon père m'aime peut-être. Mais il n'a pas de mal à le montrer, puisqu'il n'essaye même pas. Il habite loin de moi et il est toujours en déplacement, je le vois rarement... Le téléphone existe, mais comme je te l'ai déjà dit, les disputes se font de plus en plus courantes, je préfère les éviter. Quand t'es gosse, tu vois ton père comme un pote à qui tu peux te confier, avec qui des moments de complicité ne sont pas rares. Il est l'homme de la maison, et tu commences à le devenir petit à petit de plus en plus... Mais tu grandis, vite, trop vite. Ton père s'éloigne... Afin, en temps normal c'est toi qui change ta vision de la vie, tu deviens plus mature et la crise d'adolescence qui frappe marque le fossé qui est en train de s'installer entre lui et toi. J'ai dit " en temps normal ", parce que pour moi, ça s'est pas vraiment passé comme ça.

_____Il s'arrête sur cette dernière phrase, mettant sa tête subitement être ses mains. Raconter tout ça doit faire remuer beaucoup de souvenirs enfuis qu'il a dû garder au fond de lui pour paraître plus fort. Comme moi avec la séparation de mes parents et la personnalité cachée que je n'expose presque jamais. Alors comme ça, le charmant Nathys serait un être blessé par l'absence de son père ? A méditer. C'est là que l'on se rend compte que les premières impressions sont souvent fausses. Nathys me parait fort autant moralement que physiquement mais à cet instant même, il est fragile et chaste. Blessé par tout ce qui l'a entouré lors de son enfance. Il a besoin d'oublier ou de réparer. Fermer la cicatrice. Ouverte depuis bien trop longtemps.

_____Timidement, j'ose lui demander si avait déjà tenter d'en parler avec son père, s'il lui avait déjà dit tout ce qu'il avait sur le c½ur... Mais je n'arrive pas à savoir comment je dois réagir face à sa douleur ; Nathys, je ne le connais pas tant que ça et ses réactions, je ne peux pas les prévoir. J'ai juste peur de lui faire plus mal encore en le questionnant à ce propos. Certaines personnes seraient blessées, ça serait comme "remuer le couteau dans la plaie", mais d'autres aiment parler de leurs problèmes, c'est pour se soulager en quelque sorte. Nathys, ne me fais pas regretter ce que je viens de dire... Comme s'il lisait dans mes pensées, Nathys relève sa tête avec prudence, s'humidifie les lèvres, et plonge ses yeux dans les miens :

_ Quand une personne que t'admire arrive à te décevoir, tu te dis qu'en réalité, tu vivais dans le mensonge. Son visage dénudé de toute expression m'étonne, son sourire me manque.
_ Il faut que tu oublies... Que tu arrives à tirer un trait sur tout ça, lui affecte-je d'une voix tremblante. C'est la seule solution, non ?
_ C'est pas l'envie qui manque, tu sais... Ni les tentatives. Seulement, il n'y a rien à faire. Plus je veux oublier, et plus j'y pense, murmure-t-il loin de nous, de cette ville, de tout. Je le hais autant que je l'aime. Ça fait mal d'haïr son père. Ça te brûle la gorge, te tords les tripes, te noue l'estomac, t'empoisonne de l'intérieur...

__________POV de Nathys :

_____Je lève les yeux au ciel et souffle un grand coup, comme pour faire sortir toute la haine qui crispe mon corps en ce moment même. Qu'est ce qui m'arrives ? Putain. Ça ne me ressemble pas de me plaindre. Surtout à propos de mon père. Julia doit me voir différemment maintenant que je lui ai dévoilé une partie de ma personnalité que presque personne ne connait. Nathys, tu es pathétique. Je vois Julia se lever en faisant grincer sa chaise sur le carrelage froid puis disparaitre par la porte d'où elle était arriver une vingtaine de minutes auparavant. Et voilà, je la fais fuir. _____Stop_____. Parler de mon père ne m'arrange vraiment pas, ça me rend surtout pessimiste à vrai dire. A qui la faute ? Je suis distrait par la pluie qui tombe depuis près de deux heure sur la ville de Paris. Quel temps de chien. Une goutte d'eau roule sur la vitre comme une larme sur ma joue. Mes doigts s'empressent d'effacer cette marque de mon visage. Je ne veux pas pleurer, pas pour lui. Plutôt crever. Je déteste ce sentiment de soumission que je ressens, dès lors que mes pensées envers lui sont trop fortes, que son image se projette devant mes yeux comme un vieux film en noir et blanc. Le bruit des pas de Julia me sort de mes pensées, elle arrive un sourire timide et désolé à la fois. Non, Julia je ne veux pas de pitié. Elle s'assoit nonchalamment à mes côtés et dépose devant mes yeux un bloc note. Il se passe quoi là ?

_ Quand je ne vais pas bien, j'écris... J'étale tout sur papier pour tenter de me libérer d'un poids. T'écris ! Tout ce qui te passe par la tête. Cohérent ou pas, tu t'en fou. Le principal c'est de se sentir mieux, soulagé. Libéré, dévoile-t-elle un sourire figée à ses lèvres, manifeste de l'envie qu'elle a de m'aider. Tu vois ce que je veux dire ? La haine que tu ressent sera toujours là, mais pas de la même façon. Tu peux toujours essayer, enfin c'est t...
_ Merci Julia, mais je n'ai pas besoin de ça, la coupe-je peut-être trop vite. Elle baisse la tête, son teint pâle prend des couleurs.
_ Oh ! Comme tu voudras. Elle relève la tête avec difficulté. Excuse moi... , ajoute-t-elle en m'adressant un sourire que je considère comme forcé.

_____Je crois que j'aurais dû me taire. Merde. Julia est assez mal à l'aise, elle désire seulement m'aider et je l'envoie presque balader. Le blanc qui vient de s'installer révèle en partie le malaise qui la tourmente. Personne ne sait quoi dire, sur quel sujet dériver. On reste immobile dans le silence pesant, entendant seulement le bruit de la pluie qui vient de s'intensifier claquer contre la vitre. Les mains de Julia viennent se poser sur la table, ses doigts serrent fortement un stylo plume qu'elle laisse tomber quelques secondes plus tard contre le papier de son bloc-note. Et à ce moment même, c'est à toi que je pense Lucas. Oui, cette fille, Julia, me fait énormément penser à toi. Les mêmes manis, la même envie de m'aider. Repenser à nos moments de complicité, d'amitié... A tout ce qu'on a vécu. Mais aussi à l'envie débordante que tu avais de m'aider au sujet de mon père, cette envie pesante et permanente... Penses-tu que je devrais essayer ? J'imagine déjà ta voix me répondre 'oui'...

_____C'est d'une main tremblante que j'attrape son stylo. Les yeux surpris de Julia se relèvent vers les miens, inexpressifs. Elle me sourit tout en se levant, puis repart une nouvelle fois, croyant bon de me laisser seul maintenant. Je souris observant les multiples morsures qu'à dû subir son stylo. Mes yeux contemplent maintenant une feuille blanche, vide. On va voir ce dont je suis capable de faire d'une feuille et d'un stylo. Ma main tremblante s'approche du papier et je soupire toute la tristesse que je ressens. Je ne pensais pas qu'écrire ce que j'ai sur le c½ur s'avèrerait aussi difficile.

__________POV de Julia :

_____" It's all because of you. So real these voices in my head... " ( Ecoute. ). La chanson de Three Days Grace résonne dans ma tête depuis une bonne demie-heure, ça faisait longtemps et leur son me manquait. J'espère que ce n'était pas une mauvaise idée de recommander à Nathys d'écrire ce qui le détruit sur papier. Déjà qu'il ai mal pris le fait que je m'interpose dans ses problèmes. Bref. Je ne lui en veux pas et d'un certain côté je le comprend assez bien. Je me lève du lit où je m'étais assise, pour m'installer à ma chaise de bureau. J'allume machinalement l'ordinateur, MSN se connecte automatiquement. D'emblée, une fenêtre s'ouvre sur une conversation avec Shany, une amie du lycée avec qui je m'entends assez bien.

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P dit :
Heey Ju' =D. Tu vas bien ? Tes vacances ?

. Julia, nobody else x) dit :
Salut :). J'vais bien & toi ? Les vacances, ça passe... trop vite ><.

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P dit :
Caa vaa ! C'est vrai =/. Tant pis, on profite quand même ^^'. Dis, ça te dirait de venir en boîte demain soir ? (A)

. Julia, nobody else x) dit :
Mdrr. Non, merci ! J'm'en passerai t'inquiète pas ;).

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P dit :
Mais Julia! Danser, draguer, fumer, boire... Tu proposes quelque chose de mieux peut-être ? xD.

. Julia, nobody else x) dit :
Non, j'ai rien de mieux ; mais j'ai quelqu'un chez moi alors oublie :).

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P dit :
Hum... l'excuse, t'aurais pu trouver mieux ! & même si c'était vrai, tu peux venir accompagnée tu sais x).

. Julia, nobody else x) dit :
J'te dis la vérité ! & puis j'ai autre chose de prévu pour demain. ^^'

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P dit :
Te connaissant, je sais que tu prévois tout à l'arrache, donc que tu n'as rien prévu pour demain ! Entre autre, tu es libre & accompagnée. Parfait :) !

. Julia, nobody else x) dit :
Shan'y, je n'aime pas ce genre de soirée, & tu l'sais ! Ca s'fera sans moi ! T'inquiète pas ;).

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P dit :
Tu diras ça quand t'aura passer au moins une soirée en boîte, d'accord ? :). Je passe te prendre à 22h30 demain soir ! Bisous & bonne soirée <3.

. Shan'y <3. Pu'tain d'vacances =P vient de se déconnecter.

_____Et merde ! Bon, Julia reste poli ! Avec un peu de chance, elle va m'oublier demain ; enfin il me faudra beaucoup de chance pour ça. Mais oui, le téléphone existe, je n'ai qu'à lui envoyé un message. Décidée, j'attrape mon portable resté sur la table de nuit et... un nouveau message : Inconnu. Je l'avais presque oublier celui là. Je me souviens que mon dernier message lui disait que je ne me rappelais plus de lui, et là il me répond : " Tu n'as pas besoin de savoir qui je suis pour me parler, si ? ^^. Alors Julia, tes vacances se passent bien ? " , il me surprendra toujours et pourtant... Ça en est effrayant. Je n'ai pas peur de l'inconnu, je vais simplement me dire que c'est un vieil ami avec qui j'avais perdu contact. Histoire de me dire que je parle à quelqu'un de bien, enfin là je ne sais même pas comment il s'appelle... " Dis moi au moins ton nom x). Mes vacances passent vite, mais il reste encore une semaine alors ça va. Enfin... Et toi cher inconnu ? :) ". Et voilà, j'envoie le message, toujours dans la langue germanique bien sûr. [...]

_____Trois heures se sont passées, il est bientôt 16H30, c'est fou ce que le temps passe vite lorsqu'on est sur internet à ne rien faire... Je suis à la recherche de nouveaux groupes musicaux, je pourrais passer ma journée à ça. Dehors, il pleut encore ; qu'est ce que je peux haïr le mois de novembre pour ça ! Le bruit de l'eau se mélange vite au vibrement de mon portable. Sans doute, la réponse de je-ne-sais-pas-qui : " Appelle moi comme tu veux :). Mes vacances ? A peu près pareil que les tiennes. Il pleut encore et toujours. " . L'appeler comme je veux ? J'en ai aucune idée, il est pas net ce type. Sans que je m'y attende Nathys rentre dans ma chambre, attrape une chaise, s'assoit à mes côtés. Sentant mon regard sur lui, il tourne la tête et fronce les sourcils.

_ Tu vas bien ?, me demande-t-il sans que je comprenne la raison de cette question.
_ C'est à moi de te poser la question !, rappliqué-je en espérant que la réponse soit positive et que le soin qu'il a pris pour écrire, lui serve à quelque chose.

_____Il m'adresse un sourire reconnaissant, j'en conclue qu'il doit bien aller. Il fixe maintenant l'écran d'ordinateur où un site de nouveaux groupes est affiché, il hoche la tête à chaque groupe qu'il connait. Autant dire qu'il a une immense culture musical, ce qui ne m'étonne pas s'il connait un groupe qui commence à se faire connaître. Je lis un sourire naissant sur son visage lorsqu'il se rend compte que mes yeux sont posés sur lui. Il se tourne vers moi avant de froncer les sourcils, je rougis m'étant faite prendre en flagrant délit. Il sourit, une fois encore, j'ai l'impression qu'il ne sait faire que ça mais j'avoue que c'est énormément plaisant aux yeux.

_ Demain, on sort, n'est ce pas ?

_____Ma respiration se coupe le temps que j'analyse sa phrase. Où veut-il que l'on sorte ? J'hausse doucement les épaules, et les sourcils par la même occasion. Déjà que je ne veux pas aller en boîte avec Shany...

_ Fait pas cette tête. On ira... Je ne sais pas moi... à la tour Eiffel par exemple !

_____J'écarquille d'autant plus les yeux. Une grimace se forme sur mon visage aux souvenirs qui me ramènent à cet engin. Le vertige m'ayant totalement paralysé au troisième étage contre la rambarde de sécurité. Il ne va quand même pas oser m'amener là-bas. Il lève un sourcil, voulant que je lui explique ma réaction quelque peu inattendu pour une Parisienne.

_ Je... J'ai le vertige, avoué-je en sentant une chaleur imminente me brûler les joues.
_ C'est pas grave, tu fermera les yeux.

_____Il joint ses mains sous mon visage voyant que je n'étais réellement pas décidée. Il fronce doucement les sourcils et avance légèrement la lèvre inférieure dans le but de me faire craquer. Il tente en vain de s'expliquer, disant que visiter la tour Eiffel lorsque l'on est à Paris est quelque chose d'inévitable. Je soupire, lui admettant que c'était d'accord, mais que c'était la première et la dernière fois que je cède à ses demandes. Il sourit de toutes ses dents, puis dans un élan il me plaque un bisou sur la joue.


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Les confidences commencent déjà ? Étonnant.
Nathys, blessé par son père. Julia, effrayée par le vide.

Les filles, je vous remercie TOUTES, sincèrement. C'est tellement adorable de me lire.
Je vous embrasse énormément ♥♥

# Posté le jeudi 16 avril 2009 07:32

Modifié le mardi 03 novembre 2009 13:57

Chapitre 3. . . . « Hum... Serais-tu jalouse Julia ? »

Chapitre 3. . . . « Hum... Serais-tu jalouse Julia ? »

« J'imagine que je suis perdue.
Étant quelqu'un d'autre
J'ai essayé d'arrêter la douleur
Mais rien n'a réellement aidé
J'ai laissé mon âme derrière
Quelque part au bord de la route.
Espérant revenir en arrière
Pour me retrouver à nouveau.»


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__________Lundi 12 novembre , 15 heures 54.

_ Allez Julia ! Ouvre les yeux, c'est magnifique, m'ordonne-t-il depuis cinq minutes sans m'en convaincre pour autant.
_ Non, non ! Nathys, si je suis venue ici c'est pour toi, parce que tu me l'as demandé...
_ Tu rates quelque chose, tu sais., me coupe-t-il gentillement tandis que j'imagine déjà des étoiles briller dans ses yeux.

_____Je me trouve à 320 mètres du sol, rien que de penser à cette distance : j'en ai des frissons. Un très gros défaut que j'ai depuis toute petite malheureusement, et qui m'empêche de voir la vue que Nathys est en train d'observer depuis un quart d'heure. La barrière de sécurité se trouve à quelques mètres de moi, il me semble. Le joli brun n'a pas pu amener plus loin tout mon corps crispé. Les yeux fermé, la tête baissé ; je ne supporte pas le vide. Et pourtant, ce n'est pas l'envie qui manque. L'envie de pouvoir admirer des paysages magiques, des vues spectaculaires, des choses que certaines personnes ne voient qu'une fois dans leurs vies : comme ici, la belle ville de Paris vue de la tour Eiffel._____Je sens deux mains m'attraper par les épaules et tenter de m'attirer vers le bord. Nathys, qu'es tu en train de faire ? Je résiste de toute ma force, de tout ce dont je suis capable. Je lutte contre ma peur. Julia, ne sois pas idiote : lutter contre sa peur, ce n'est pas s'empêcher d'avoir peur, mais ouvrir les yeux et lui faire face. Nathys doit être devant moi, c'est toujours la tête baissée que j'ose ouvrir les yeux. Ils analysent rapidement mes pieds et les siens, je relève la tête et le regarde fixement sans quitter mes yeux des siens. Mon regard ne doit rien n'exprimer d'autre que l'angoisse et la peur qui sont en train d'envahir mon esprit.

_ Écoute, je sais que tu est terrifiée là mais tu ne peux pas rester comme ça. Tu es beaucoup plus forte que ce putain de vertige, non ? J'hoche la tête négativement, il lève les yeux aux ciel et sourit : Le seul moyen d'arrêter ton angoisse, c'est d'aller de l'avant, de voir ce que t'as au fond de toi. Tu sais, tout le monde a peur de quelque chose, mais il faut tout faire pour vaincre ça et je sais que t'en est capable, affirme-t-il à travers une voix rassurante comme je n'en n'avais jamais entendu.

_____Il se place à mes côtés et me prend la main de façon à m'encourager. Je ne vois que le ciel, je lutte pour ne pas regarder plus bas. Je pose ma main tremblante contre la barrière qui n'est pas très loin de moi. _____" Tu ne peux pas rester comme ça. "._____Les doigts de Nathys serrent plus fort ma main._____" Le seul moyen d'arrêter ton angoisse, c'est d'aller de l'avant "._____Ma respiration se fait plus difficile, et je sens mon c½ur battre contre ma poitrine. _____ " De voir ce que t'as au fond de toi "._____C'est grâce à mon courage mais aussi à celui de Nathys que mes yeux se posent sur une ville en mouvement, une vue de 320 mètres de haut, quelque chose que jamais je n'aurais cru pouvoir voir._____" Je sais que t'en est capable ". _____Je regarde la ville de Paris perché du haut de la Tour Eiffel. Je l'ai fait ! Je l'ai enfin fait ! C'est l'adrénaline, la peur au ventre, et tout ce qui va avec qui me prouve que je suis tout de même en mesure de combattre mes peurs. Cependant, ma respiration reste toujours aussi saccadée qu'avant, et mon c½ur ne reprend toujours pas son rythme normal. Cette fois-ci, c'est moi qui sert la main de Nathys du plus fort que je peux.

_____Il s'approche encore plus près du bord sans pour autant séparer nos doigts entremêlés. Il commence à se pencher par dessus, et visionne la place tout en bas. Puis il se permet d'ajouter dans un murmure à peine audible : " C'est vrai que c'est haut. ". Je le fixe, agacée par son commentaire qui, étrangement, ne me rassure pas. Nathys tourne la tête vers moi avec un sourire en coin. Charmant. Il étouffe un rire avant d'ajouter au creux de mon oreille : " Fais pas cette tête, je rigole ! ", sa phrase était accentuée sur la dernière syllabe ce qui m'arrache un sourire que Nathys remarque directement. Je respire fortement toute la capacité d'air que mes poumons sont en mesure de transporter, on dit que d'ici l'air de Paris est moins pollué qu'en bas. Quelle sottise ! Je me plonge dans les yeux de Nathys pour le remercier, avec une grande sincérité, de ce qu'il vient de m'apporter : prendre confiance en moi et tenter de vaincre mes peurs. Seule, je ne l'aurai sans doute jamais fait. Mais avec lui, c'est différent.

_ Tu veux rentrer ?, me demande-t-il un sourire adorable figé à ses lèvres violacé par le froid.
_ C'est toi qui vois mais je pense qu'on sera mieux chez moi, au chaud, à boire un chocolat qu'ici à des centaines de mètres d'altitude, gelés par le vent glacial.


__________Lundi 12 novembre , 17 heures 19.

_____Je souffle doucement sur mon chocolat brûlant alors que Nathys boit déjà le sien. Je le regarde étrangement, étonnée du fait qu'il puisse engloutir quelque chose d'aussi chaud. Je ne fais que tourner et retourner ma cuiller dans mon mug, attendant impatiemment qu'il commence à refroidir. Nath pose le sien et me regarde d'une façon étrange, comme s'il devait de parler. Je n'aime pas ce regard, et chaud ou froid, je me mets à boire. Doucement. De façon à pouvoir me cacher derrière mon bol. Je l'entend souffler, mais rester silencieux, et au fond de moi je sens qu'il est en train de chercher comment formuler sa phrase. Je bois. Je sais que ce qui va suivre ne va pas me plaire. Je bois. Ses mains repousse son mug, et ses bras viennent se croiser sur la table. Je bois. Je n'entends plus rien, juste ma gorge qui ingurgite tout ce chocolat et la respiration pesante de Nathys. Je ne peux plus boire. Ma tasse est vide. Je la pose en essayant de faire le moins de bruit possible et ose regarder timidement Nathys. Il hésite...

_ Hum... Il baise la tête pour commencer à jouer nerveusement avec sa tasse et continue : Je voudrais te parler d'hier : je t'ai parlé de mon père, et je dois dire que je me suis un peu laissé emporter. Tu vois, je ne me confie pratiquement jamais, et hier je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Une accumulation de choses trop douloureuses, sans doute ! Mais je ne veux pas que tu crois que je suis un maniacodépressif ou quoi que ce soit. Oh, parce que crois moi ! Ce n'est pas le cas. Il marque une pause, m'adressant un sourire timide et gêné avant de s'expliquer clairement sur certains points : J'avais juste besoin d'en parler. En général, on arrive mieux à se confier à des personnes que l'on ne connais pas, puisqu'elles sont incapable de nous juger. Et j'ai senti qu'il fallait que je te parle. J'aimerais pourtant que ce que je ai dit reste entre nous, et il faut que tu oublies cette partie de moi. C'est quelque chose que je ne veux pas montrer, je ne veux pas de la pitié des gens. D'autres sont bien plus malheureux que moi, et ça serait gonflé de ma part de me plaindre. Je ne v...
_ Nathys, tu n'as pas à te justifier. Des moments comme celui là, ça peut arriver à n'importe qui, le coupe-je sans vouloir l'offenser, et ajoute plus pour moi que pour lui : A moi, la première.
_ J'en suis conscient, tu sais...

_____Il m'adresse un magnifique sourire, et se lève pour disparaitre. J'entends quelques instant plus tard la porte de sa chambre s'ouvrir et se refermer. Julia, tu vois, il n'y avait pas de quoi stresser finalement. Je me lève à mon tour, et reviens m'assoir après avoir déposé les deux mugs dans l'évier. Je médite, sur quoi ? Sur rien, le vide, le néant. Je ne veux pas penser. Je veux po... Ma poche où se trouve mon portable se met à vibrer, signe de la réception d'un message, comme d'habitude. Le destinataire m'est inconnu, au fond de moi, je l'espérais. " La vie est plus compliqué que ce qu'on ne le croit, hein Julia ? ". Mes sourcils se froncent, je ne comprend pas la raison de cette phrase, même si hier, on s'est assez bien parlé. De notre vie en général, de nos habitudes, de notre lassitude. Malgré l'incompréhension que m'indigne cette phrase, je trouve qu'elle est totalement vrai : la vie est plus compliqué que ce qu'on ne le croit, que ce qu'on ne l'espère.

_____ Je réfléchi beaucoup au sens de sa phrase mais mes pensées ne sont pas en surchauffent très longtemps, car un arrière son de guitare vient dévorer mes oreilles. Soit mon imagination me joue des tours, soit cette musique provient de la chambre de Nathys, ce que j'ai du mal à comprendre d'ailleurs. Serait-il venue muni d'une guitare ? Je ne tarde pas à marcher vers sa chambre. Sa porte demeure entrouverte et le son se fait alors plus fort et plus intense. Je passe le plus discrètement possible ma tête par l'embrasure mais je ne pense pas avoir été si discrète que ça finalement. Malgré le fait qu'il m'ait remarqué, Nathys n'arrête pas sa prestation pour autant. Ses yeux valsent entre sa guitare et moi tandis que je me permets d'entrer entièrement dans la pièce et de m'appuyer contre le mur. Je le dévisage mais je suis d'autant plus surprise lorsqu'il se met à chanter. D'une voix admirablement belle, je n'aurais jamais pu deviné qu'il chantait aussi bien. ( Écoute. ) D'une voix angélique, diaboliquement envoutante. Ses paroles sont belles malgré la tristesse qui est commence à envahir la pièce. Je reconnais très vite la chanson de Good Charlotte, et finalement, elle colle parfaitement avec ce que peut ressentir Nathys envers son père.

« Ça a été une route longue et difficile sans toi à mes côtés. Pourquoi n'étais-tu pas là toutes les nuits où nous avons pleuré ? Tu as brisé le c½ur de ma mère, tu as brisé tes enfants pour la vie. Ce n'est pas correct ! Mais nous allons bien. Je me rappelle les jours où tu étais un héros à mes yeux, mais ce n'était qu'un de mes longs souvenirs perdus. J'ai passé tant d'années à apprendre comment survivre, maintenant, je t'écris juste pour te faire savoir que je suis toujours vivant. »

_____Il chante, ce qu'il a au fond de lui, ce qu'il cache depuis longtemps. Malgré le fait de vouloir cacher ses sentiments, il a besoin de ça. Nathys a une double personnalité et je pense que peu de personnes en ont réellement conscience. Ses mots et tous ses sentiments passent par sa voix, les paroles défilent ; un frisson me parcours le dos. Il relève les yeux vers moi et m'indique de venir m'assoir à ses côtés. Je ne me sens pas à ma place dans un univers aussi intime que maintenant. J'écarquille les yeux lorsqu'il me demande de chanter avec lui, je connais cette chanson par c½ur mais je ne me vois pas la chanter. Le refrain arrive dans quelques secondes et ses yeux ne me lâchent pas. Ses doigts continuent de faire naître cette mélodie mais sa voix se coupe et je prend le relais sans m'en rendre compte de peur que l'émotion présente dans la chambre et qui s'accumule à chaque instants, à chaque secondes ne se termine. Il me regarde maintenant étonné, et marie sa voix à la mienne pour terminer le refrain. A ce moment, plus rien n'existe même si c'est sa* chanson ; il m'inclut dedans avec une force incroyable. Ses doigts font entendre un dernier accord, jusqu'à ce que le calme complet revient hanter la pièce. Je serre entre mes dents ma lèvre inférieure me rendant compte de ce que je venais de faire.

_ Tu joues magnifiquement bien Nath !
_ Tu chantes magnifiquement bien Ju !

_____Je ne peux empêcher un rire devant la stupidité de sa phrase. Non, je ne chante pas magnifiquement bien, loin de là. Je chante, c'est tout. Lui, il ne rit pas et insiste même en me faisant savoir qu'il était très sérieux. Je lui lance un sourire timide en guise de remerciement. Après me l'avoir rendu, il mime quelques accords. Je laisse alors mes oreilles profiter de ce moment et je finis par m'allonger complètement sur son lit.


__________Lundi 12 novembre , 19 heures 34.

_ Oui, maman, ne t'inquiètes pas ! Pour la cinquième fois : tout se passe bien avec Nathys. Il va pas s'envoler tu sais, lui répète-je sur un ton désinvolte.
_ Bon, ça va alors. Tu as assez d'argent au moins ?, me demande-t-elle de l'autre côté du combiné.
_ Avec tout ce que tu m'as donné, je pourrais me nourrir pendant plus de deux mois alors que tu reviens après demain.
_ Il faut ce qu'il faut. Grosse dépensière comme tu es, rapplique-t-elle du tac au tac.

_____J'éclate de rire à 500 kilomètre d'elle, rien qu'en pensant à la phrase qu'elle venait de me dire. Elle me trouve dépensière ? Elle est bien pire que moi sur ce sujet là. 'Dépenser' et 'dépensière' ne sont même plus les termes qui correspond._____En quinze minutes, elle vient d'arriver à me sortir tous les défauts possible et inimaginable. Même si ma fierté n'en a pas pris un coup, je me demande si elle est au courant que je peux aussi avoir certaines qualités. Nathys me fait signe de lui donné le bonjour de sa part, ce que je ne tarde pas à faire, juste avant de raccrocher. Ce coup de fil m'aura au moins permis de savoir que le temps de là-haut n'est pas plus beau qu'ici, que son stage se passe bien mais que sous la pluie c'est moins drôle, et aussi qu'elle rentre après demain en fin d'après-midi, normalement.

_____Je regarde Nathys assis juste à côté de moi, dans le canapé du salon. Je commence à avoir un peu faim pour ma part, Nathys a l'air plus occupé à regarder la télé qu'à s'occuper de son estomac. Je lui indique que je vais préparer quelque chose à manger, et ses yeux se braquent sur moi. [...] Je vais finir par croire que Nathys a été chef cuisinier dans une autre vie. Il est en train de me préparer une quiche avec je-ne-sais-quoi dedans, mais ça a juste l'air délicieux. Il n'a pas l'air si surpris que ça d'avoir des talents gastronomique, il regarde par la fenêtre, pensif, la pluie tomber encore et toujours. C'est déprimant. Je pars m'allonger sur mon canapé, histoire de me reposer. Ma poche vibre, je devine secrètement qu'il s'agit de mon inconnu. Mes lèvres sourient devant son 39ème message de la journée." Ne te soucis pas de ce que peux penser les autres. Sinon tu ne ferais jamais ce que tu veux. Vois tes rêves comme un but principal dans ta vie. ". C'est ... étrange. Mais il ne me connait pas, il ne voit pas ma façon de vivre, ni ma façon d'être, entre autre, il n'a aucune idée concrète de moi. En somme, si je lui montre la Julia que personne ne connait, avec ses rêves, ses sentiments et son caractère ; il ne devinera jamais que c'est une deuxième facette de ma personnalité.

_____Je lui affirme pour simple réponse que j'essayerais de suivre ces conseils. C'est ce que l'on m'a toujours dit, mais je n'ai jamais contribué réellement à mon futur, même si mes notes scolaires me permettrais d'aller faire de longues études dans une université réputé. Mais ce n'est pas ce que je veux. Je vois mon avenir d'une certaine façon, mais je le distingue aussi à travers ma mère. Aller aussi loin qu'elle dans le journalisme serait ce qui me ferait le plus rêver ? Mon portable se remet à vibrer rapidement; c'est un rapide pour écrire des messages dis donc. " Je n'hésiterais pas à te le rappeler. Alors, tu vas faire quoi de ta soirée ? ".

_____Ding-dong ! Mes yeux s'ouvrent difficilement, je pense mettre endormie et je n'ai rien manger. Nathys aurait du me réveiller. Le son provenait sans doute de la télé. Nathys est... ? Je survole la pièce des yeux, il n'est pas là. Il ne s'est pas envolé, il ne doit pas être bien loin. J'attrape maladroitement mon portable gisant sur le sol. Mes yeux s'écarquillent de plus belle lorsque que je me rend compte qu'il est déjà 22 heures 37. Je ne pensais pas avoir dormi aussi longtemps, enfin seulement une petite heure et demie. Mon portable se retrouve une nouvelle fois par terre. Je m'écrase dans le canapé, n'ayant aucune réelle envie de me lever. Mes paupières sont lourdes, je sens que je ne vais pas rester longtemps éveiller. _____Un " Julia !!! " m'interpelle, et voilà : j'ai encore parlé trop vite. Je bougonne des insultes à voix basse, il n'est jamais bon de me sortir de mon sommeil, je ne supporte pas ça. Et encore, je suis de bonne humeur. Je traverse le salon tranquillement, en réalité, je ne suis pas encore tout à fait réveiller. Il me semble que cette voix masculine - donc de Nathys je suppose - venait de la cuisine. En effet je l'aperçois, enfin il y a juste à ses côtés Shany. Et merde ! " Je suis de bonne humeur ? " : j'étais de bonne humeur. J'avais complètement oublié le fait qu'elle s'est mis dans la tête que je viendrais ce soir. Nathys et Shany rigole, sans doute de me voir décoiffée, mal maquillée et tout ce qui s'en suit. Pour aller en boîte, c'est pas le top.

_ Je crois que je vais devoir t'aider à te préparer, ajoute Shany en s'approchant vers moi et en riant de bon c½ur.
_ Euh, Shany... Hier, j'ai dit que je ne venais pas. J'ai toujours pas changer d'avis tu sais, essaye-je de la raisonner, pendant que son sourire s'agrandit, elle commence tout de même à me trainer par le bras dans la salle de bain. Shany ! J'ai dit non ! Ça va me servir à quoi de venir ? Vas-y avec Nathys si tu veux mais...
_ Ça va te changer les idées !, me coupe Nathys, lorsque Shany et moi se retournons vers lui. Shany, je m'en occupe...

_____Shany fronce les sourcils en voyant Nathys s'approcher de plus en plus vers nous. Il passe son bras autour de mes épaules et m'incite à aller vers la salle de bain. Quand ce n'est pas un, c'est l'autre. Il affirme à Shany qu'il y arriverait sans son aide, et qu'elle pouvait aller boire un verre dans le petit salon si elle le voulait. On se demande qui habite ici.


__________POV de Nathys :

_____J'arrive à la trainer jusque dans la salle de bain. Un exploit. Elle s'assoit sur le rebord de sa baignoire et commence à faire la moue. Ah non Julia ! Tu m'auras pas à ce jeux là. Je lui indique qu'elle pouvait rester comme ça, ça ne changerais rien. Je suis dans la salle de bain, avec Julia et j'ai assuré à Shany que je m'en occuperais sans avoir besoin de son aide. Jusque là, tout va bien. Mais je fais quoi moi maintenant ? J'observe du coin de l'½il Julia, elle commence à rire. Rire toute seule. Mes yeux s'écarquillent, il lui prend quoi tout d'un coup ? Elle me fixe avec un petit sourire en coin.

_ Je peux savoir ce qu'il se passe ?, ose-je un peu perdu par la situation.
_ Je suis sûre que Shany ne s'est pas privée de te draguer, ajoute-t-elle sans me quitter des yeux, mais ses rires se stoppent brusquement.
_ Hum... Serais-tu jalouse Julia ?

_____Cette fois, c'est moi qui ai un sourire en coin, la situation m'amuse beaucoup à vrai dire. Ses yeux s'écarquillent, elle cherche démesurément quelque chose de valable à dire. Elle lâche finalement, après s'être mordu la lèvre inférieure et après avoir roulé des yeux : " Laisse tomber.. ". Je laisse rarement tomber quelque chose moi, mais là je crois que je ne vais pas en rajouter. Hum... Shany est très séduisante, et elle le sais. Mis à part quelques paroles déplacées qu'elle doit maintenant avoir l'habitude de dire à n'importe qui. Julia se lève et fait face au miroir avant de commencer à se démaquiller et à se remaquiller. Elle a sans doute dû comprendre que je n'aurais jamais su quoi faire concrètement pour l'aider. Je me rend compte que même démaquillée, sa peau est étrangement parfaite. Elle vient de remarquer que je la dévisageais et elle fronce alors les sourcils. Ses yeux se posent sur sa personne à travers le miroir.

_ Je sais que je ne suis pas aussi belle que Shany mais ce n'est pas la peine de me regarder comme ça.

_____J'explose de rire. Je me demande si elle est sérieuse quand elle affirme être moins jolie que Shany. Si c'est le cas, elle se trompe totalement. Je lui pince la joue et lui demande d'arrêter de raconter des choses aussi bêtes que celles-ci. Elle hausse les épaules, et fait comme si elle faisait la moue. Je m'approche de son oreille, elle ne fait aucun geste, j'ai même l'impression que son souffle s'est coupé.

_ C'est adorable de te voir comme ça, Julia. Jalouse et tu ne l'assumes même pas.

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Une lueur de jalousie, une peur vaincue, un inconnu de plus en plus attachant, une amie un peu trop ouverte...
Deux personnes qui s'attachent sans forcément le vouloir ou s'en rendre compte.


Les vacances ne durent jamais assez longtemps, et il y a une fin à tout.
J'espère que ce chapitre vous a plu, j'aimerais le savoir :).
Je vous embrasse et vous remercie infiniment mesdemoiselles.



# Posté le mardi 05 mai 2009 16:34

Modifié le lundi 02 novembre 2009 08:36